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Les
sinistres de l'assurance habitation :
D'abord,
qu'est-ce qu'un sinistre ?
C'est la survenance d'un événement susceptible de faire
jouer la garantie de l'assurance.
Pour
votre contrat d'habitation, Il y a deux sortes de sinistres :
-ceux
dont vous êtes victime et pour lesquels vous serez amené
à demander l'indemnisation de L'assurance ;
-ceux dont vous êtes responsable et pour lesquels l'assurance
se substituera à vous pour indemniser la personne à laquelle
vous avez occasionné un dommage.
Les sinistres dans lesquels vous êtes victime :
Ils concernent tous les biens que vous possédez, et qui ont été
affectés par un des événements garantis par votre
contrat, c'est à dire :
incendie,
explosion et garanties annexes ;
dégâts des eaux ;
vol ;
bris des glaces ;
catastrophes naturelles.
Tous les sinistres de "dommages" sont régis par l'article
L 121-1 du Code des Assurances qui stipule que "L'assurance relative
aux biens est un contrat d'indemnité, l'indemnité due
par l'assureur à l'assuré ne peut pas dépasser
le montant de la valeur de la chose assurée au jour du sinistre".
Il peut être stipulé que l'assuré reste obligatoirement
son propre assureur pour une somme ou une quantité déterminée
(on appelle cela un découvert de garantie), ou qu'il supporte
une déduction fixée d'avance sur l'indemnité d'assurance
(c'est une franchise).
L'article
L 121-1 du Code qui pose ce que l'on appelle le "principe indemnitaire",
signifie en clair qu'après un sinistre, l'assuré ne doit
pas faire de bénéfice, mais aussi qu'il ne doit pas faire
de perte.
Autrement dit, l"assurance doit remettre l'assuré dans la
situation qu'il connaissait avant le sinistre, sans perte ni bénéfice.
Les problèmes qui se présentent le plus souvent et conduisent
à une indemnisation partielle de l'assuré, voire à
un refus d'indemnisation sont:
-fausse
déclaration sur la nature de la construction et/ou des risques
dangereux avoisinants ;
-fausse déclaration sur le nombre de pièces principales
;
-insuffisance de garantie sur le contenu parce que vous n'avez pas fait
d'inventaire ;
-inexistence des preuves de la possession ou de la valeur des biens
endommagés ( surtout en vol ).
En
cas de sinistre "dommages", vous avez obligation de fournir
à l'assurance un état des pertes valorisés de tout
ce que vous avez perdu, c'est écrit dans votre contrat...
Preuve
de l'existence des biens mobiliers :
Si vous êtes victime d'un incendie, d'une explosion, d'un dégâts
des eaux, d'un bris des glaces, une catastrophe naturelle, la preuve
de l'existence des objets ne posera pas de problème particulier
dans la majorité des cas puisque les objets seront toujours là,
en partie détruits, inutilisable certes, mais là quand
même.
Mais dans le cas de sinistre vol,vous ne pourrez plus présenter
les objets à l'expert de l'assurance, et il vous demandera de
lui fournir des justificatifs.
Il
faut garder toutes vos factures d'achat de matériel, de meubles,
d'objets, de vêtements que vous achetez.
Conservez
toutes vos factures dans un dossier, gardez les certificats de garantie,
les factures de réparation, les actes de notaire si vous avez
hérité de meubles ou objets...
Pour toutes les choses de valeur dont vous n'avez pas de facture, demandez
une estimation à un spécialiste.
Faites des photos ou un film vidéo de toutes les pièces
de la maison, y compris les couloirs, cave, grenier, garage, dépendance,
mur par mur, une avec les meubles fermés, une avec les meubles
ouverts de façon à bien voir ce qui s'y trouvent
Faites
un double de vos factures et de vos photos et confiez les à un
parent, à un ami.
Cela vous servira au cas ou les originaux disparaîtraient ou seraient
détruits lors d'un sinistre.
Comment serez-vous indemnisé ?
Le principe indemnitaire veut que vous ne soyez ni gagnant ni perdant
après un sinistre.
Donc l'assurance doit vous indemniser à la valeur réelle
de ce que vous avez perdu dans un sinistre.
Dommages
à l'immeuble :
L'assurance doit vous indemniser à la valeur de reconstruction,
totale ou partielle, suivant l'importance des dommages, au jour du sinistre.
C'est à dire que vous devrez produire des devis de reconstruction
à l'identique de ce qui a été endommagé.
Dommages
aux objets mobiliers, vêtements etc. :
L' assurance vous doit la valeur de remplacement des objets détruits
à leur valeur de rachat au jour du sinistre, même si vous
les avez achetés il y a 10 ans.
Il vous doit la valeur de remplacement d'objets identiques, de performances
identiques ou rendant le même service.
Attention : la valeur de remplacement de certains matériels peut
être inférieure au jour d'un sinistre à la valeur
d'achat initiale.
C'est le cas notamment des matériels audio-visuels (hi-fi, télévision,
etc. et des matériels informatiques dont la valeur diminue du
fait des progrès technologiques de fabrication.
Exemple :
Vous avez acheté un ordinateur 10.000 f il y a 5 ans.
Aujourd'hui, un ordinateur plus puissant ne vaut que 5.000 f . L'assurance
ne vous devra qu'au maximum 5.000 f.
La
vétusté :
Y a-t-il
une définition légale de la vétusté ?
Non, il n'y en a pas. Elle est appréciée au cas par cas
par l'expert de l'assureur, et là, il faut encore se défendre
pour ne pas se faire piéger.
La vétusté s'apprécie non pas en fonction de l'âge
d'un bien, qu'il soit mobilier ou immobilier, mais en fonction de son
état de conservation par rapport à un bien neuf de même
nature.
La
vétusté s'apprécie élément par élément
et non pas globalement, ce qui pourrait conduire à des incohérences.
L'expert de l'assurance applique souvent 20 % de vétusté
sur tout, même si ce n'est pas justifié.
Ça lui évite de faire un calcul élément
par élément, qui serait plus long pour lui.
Mais c'est à lui d'apporter la preuve du taux qu'il applique
(article 1315 du Code Civil)
Alors défendez-vous et ne vous laissez pas faire...
Attention : certains contrats comportent un taux de vétusté
contractuel (appareils électriques et électroniques, vêtements
etc.) c'est ce taux qui sera obligatoirement appliqué et vous
ne pourrez pas y échapper car vous l'avez accepté en signant
le contrat.
A vous de choisir un bon contrat...
Si vous êtes victime d'un dommage et qu'un tiers est en cause
(exemple un camion qui a défoncé la façade de votre
maison) votre assureur fera un recours contre le tiers responsable ou
son assureur.
Dans ce cas, aucune vétusté ne doit être appliquée
sur vos dommages, c'est de jurisprudence constante.
Valeur
à neuf :
La plupart des contrats comportent une clause dite de "valeur à
neuf" surtout pour les dommages immobiliers.
L'application de cette clause conduit à effacer les effets de
la vétusté si vous reconstruisez dans le délai
prévu au contrat (souvent deux ans), sur le même emplacement,
sur les mêmes plans, avec les mêmes matériaux.
Votre assurance commencera par vous régler en valeur vétusté
déduite (c'est ce qu'il appelle souvent "I'indemnité
immédiate".
Lorsque vous aurez reconstruit, Il vous faudra alors produire les factures
de reconstruction et l'assureur vous paiera la différence.
Attention
à ne pas laisser passer le délai de deux ans après
le sinistre, sinon, l'assureur vous dira qu'il est trop tard et qu'il
y a precription (Article L 114-1 du Code des Assurances)
L'assurance vous doit une indemnité pour compenser les dommages
que vous avez subis, et sauf application des clauses de valeur à
neuf, de reconstruction ou de la garantie bris de glaces, vous n'avez
pas à justifier de la réparation des dommages.
C'est la loi...!
Si par exemple, vous avez produit des devis d'un artisan, rien ne vous
empêche de faire la réparation vous-même si vous
le voulez.
L'assureur doit vous payer au vu des devis.
Quand
l'assureur doit-il vous payer ?
Le Code des Assurances oblige l'assureur à indiquer dans le contrat
le délai dans lequel il s'engage à vous payer.
En général, c'est dans les 30 ou 60 jours après
accord amiable entre l'assureur et vous, ou après une décision
de justice devenue exécutoire.
A l'expiration de ce délai, les sommes qui vous sont dues portent
intérêt au taux de l'intérêt légal
que l'assureur devra vous payer en plus.
Si
vous ou les personnes dont vous êtes responsable avez occasionné
un dommage à un tiers :
Vous êtes assuré en Responsabilité Civile, il vous
suffit donc de déclarer à votre assurance les circonstances
du sinistre et ses conséquences.
L' assurance instruira le sinistre et indemnisera le ou les tiers.
Si une franchise est prévue dans la garantie Responsabilité
Civile, il vous réclamera le montant de cette franchise.