La défiscalisation
Ensemble construisons vos projets
Comme tout contribuable, vous souhaitez payer le moins d'impôt(s)
possible.
Vous désirez
par exemple profiter au maximum des "avantages" fiscaux auxquels
peuvent ouvrir droit tel ou tel investissement, ou encore telle ou telle
dépense d'ordre professionnel ou familial.
La stratégie
fiscale a pour objectif d'obtenir un avantage fiscal.
L'optimisation fiscale
consiste à choisir, lorsque cela est possible, tel avantage fiscal
par rapport à un autre : tout dépend de ce qui peut s'avérer
le plus avantageux pour vous.
Les
différents "avantages" fiscaux
Un avantage fiscal est une économie d'impôt pouvant résulter
de mécanismes divers :
-
exonération de certains revenus, tels que les intérêts
du livret A,
- déduction
ou abattement sur certains de vos revenus, tels que la déduction
pour frais professionnels sur les traitements et salaires,
- déduction
de certaines charges sur votre revenu global, telles que les pensions
alimentaires,
- réduction
d'impôt au titre de certains de vos placements, tels que les souscriptions
de parts de FCPI.
Tous ces mécanismes sont parfaitement légaux.
Les uns ont été
institués par la loi pour encourager les investissements des
particuliers dans un secteur déterminé (celui du logement,
par exemple), les autres pour tenir compte des frais afférents
à certaines situations.
En pratique, il
est de plus en plus courant d'appeler :
- "placements défiscalisés", ceux dont
les revenus ou autres produits échappent à l'impôt,
- "placements
défiscalisants", ceux qui permettent de réduire
le montant de l'impôt.
Les
précautions à prendre
Vous devez être conscient que les avantages fiscaux offerts par
certains placements par exemple, peuvent être modifiés,
voire supprimés, à tout moment.
Chaque année,
le Parlement adopte une loi de finances comportant de nombreuses mesures
fiscales qu'il complète en cours d'année. Toutes ces mesures
ne vous seront pas toujours favorables. En effet :
certaines peuvent
supprimer des avantages "promis", mais non encore obtenus,
et d'autres peuvent
modifier les conditions ouvrant droit à un avantage fiscal, précédemment
obtenu, cet avantage étant alors remis en cause.
Par ailleurs, pour un même investissement, vous ne pouvez pas
cumuler certaines réductions d'impôt et/ou déductions.
S'agissant par exemple
d'un logement locatif acquis neuf, vous ne pouvez pas à la fois
bénéficier de la déduction pour amortissement Robien
et obtenir la réduction d'impôt pour investissement dans
les DOM-TOM.
Le
problème du choix
Tout au long de votre vie de contribuable, vous allez donc être
confronté, à un moment ou à un autre, au problème
du choix entre plusieurs solutions parfaitement légales, ouvrant
droit à avantages fiscaux.
Il vous appartient
de choisir la plus avantageuse sur le plan fiscal.
Vous allez donc
devoir procéder aux calculs nécessaires et par là-même
évaluer ce que serait le montant de votre impôt dans telle
ou telle hypothèse. Par exemple :
Cas n° 1
: vous souhaitez obtenir une économie d'impôt.
Vous comparez plusieurs placements, afin de choisir celui qui vous permet
d'obtenir l'économie d'impôt la plus importante. Or, pour
un même montant de dépenses, cette économie varie
d'un placement à l'autre. Par ailleurs, le montant de dépenses
ouvrant droit à avantage fiscal peut être plafonné.
Cas n° 2
: vous travaillez et vous souhaitez faire garder votre enfant à
charge qui a moins de 7 ans. Vous ne savez pas s'il est plus avantageux
de le faire garder à l'extérieur ou d'employer quelqu'un
à domicile. Chacune de ces solutions ouvre droit à une
réduction d'impôt calculée selon des modalités
différentes.
Cas n° 3
: vous avez un enfant majeur célibataire à charge.
Vous hésitez entre lui verser une pension alimentaire ou accepter
son rattachement. En effet, vous ne pouvez pas à la fois déduire
une pension alimentaire et bénéficier de la majoration
du nombre de parts à laquelle donne droit le rattachement.
Cas n° 4
: étant salarié, vous pouvez déduire vos frais
professionnels de vos traitements et salaires. Si vous optez pour
la déduction de vos frais réels, vous renoncez à
toute autre déduction (déduction normale de 10 %).
Cas n° 5
: vous avez perçu des revenus mobiliers tirés de bons
du Trésor. Vous ne savez pas si vous avez intérêt
ou non à opter pour le prélèvement libératoire
d'impôt sur le revenu (IR).
Ne
pas réduire pour réduire
De façon générale, pour réduire le montant
de votre impôt sur le revenu
sans toutefois diminuer celui de vos ressources, deux solutions vous
sont offertes :
- réduire
le montant de votre revenu global, en déduisant certaines charges,
-
ou bien réduire le montant de votre impôt brut, en bénéficiant
d'une réduction d'impôt proprement dite.
Dans le premier cas, l'avantage fiscal que vous obtiendrez sera proportionnel
à votre taux marginal d'imposition. Ce taux est le taux le plus
élevé qui peut être appliqué à une
tranche de vos revenus. Votre impôt est en effet calculé
par application d'un barème progressif, autrement dit selon un
taux qui progresse au fur et à mesure que votre revenu s'élève.
Exemple : votre
taux marginal d'imposition est de 28,26 %. Si vous réduisez de
10 000 € le montant de votre revenu global, l'économie d'impôt
maximale dont vous bénéficiez sera égale à
(28,26 % x 10 000 €) = 2 826 €.
Dans le second cas,
les choses sont complètement différentes. L'économie
d'impôt que vous obtiendrez sera identique, que vous soyez faiblement
ou fortement imposé.
Exemple : en employant
un salarié à domicile, vous avez droit à une réduction
d'impôt maximale de 6 900 € si vous êtes invalide (ou
si vous comptez un invalide dans votre foyer fiscal). Quel que soit
votre taux marginal d'imposition, votre économie d'impôt
sera toujours égale à 6 900 € au maximum.
Mais dans l'un ou
l'autre cas, vous ne devez pas "réduire pour réduire"
:
si le montant de vos charges déductibles excède celui
de votre revenu global, cet excédent ne peut pas être reporté
sur les revenus des années suivantes,de
même, si le montant de vos réductions d'impôt excède
celui de votre impôt brut, vous ne pouvez ni vous faire rembourser
l'excédent, ni le reporter sur l'impôt dû au titre
des années suivantes.
L'abus
de droit et la fraude fiscale
La loi ne vous interdit pas, lorsque vous avez le choix entre deux solutions
parfaitement légales, de choisir la moins coûteuse sur
le plan fiscal.
En revanche, le
fisc sanctionne sévèrement le fait de se soustraire ou
tenter de se soustraire à l'impôt dans un but exclusivement
fiscal ou avec l'intention de frauder.
Dans tous les cas,
sachez que votre bonne foi est toujours présumée. C'est
au fisc de prouver quelle était votre véritable intention.
Si vous passez un
contrat fictif dans le seul but d'éluder l'impôt, cette
opération constitue ce que l'on appelle un "abus de droit".
Imaginons par exemple
que vous louez votre résidence secondaire à un membre
de votre famille. Si le fisc arrive à prouver qu'il s'agit en
fait d'un subterfuge pour déduire les travaux d'entretien et
de réparation réalisés sur cet résidence,
vous encourrez :
une pénalité
égale à 80 % de l'impôt supplémentaire qui
sera mis à votre charge,
à laquelle
s'ajoute un intérêt de retard de 0,75 % par mois.
Il y a "fraude fiscale" si vous avez tenté de vous
soustraire, volontairement et frauduleusement, au paiement de l'impôt.
Si par exemple le
fisc arrive à prouver que vous avez, délibérément
et à plusieurs reprises, dissimulé certains de vos revenus,
vous encourrez :
les mêmes
sanctions fiscales qu'en cas d'abus de droit,
auxquelles peuvent
s'ajouter une amende pénale de 37 500 € et un emprisonnement
de 5 ans.
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